SUD Education Solidaires SUD Education 94
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À notre collègue et à celles et ceux qui perdent leur vie en essayant de la gagner
Article publié le 15 juin 2017

Après les suicides le 7 mars 2017 d’une infirmière à l’hôpital Cochin et d’un cheminot le 10 mars 2017 à la gare St Lazare, c’est une collègue-stagiaire de l’Education Nationale qui a mis fin à ses jours le 22 mai 2017. Le syndicat Sud Education 94 présente ses condoléances à la famille, aux proches de notre collègue.

Depuis plusieurs années, nous dénonçons la dégradation de nos conditions de travail : ça suffit ! Notre collègue (EFS) était en grande souffrance ; celle-ci avait coupé tous liens avec ses collègues-stagiaires depuis une visite d’inspection, qui s’était très mal passée, sans que sa hiérarchie ou ses formateurs ne s’en inquiètent. Le drame survenu le 22 mai rappelle que les conditions de titularisation et de formation des stagiaires sont déplorables.

Pour SUD éducation, le recrutement doit s’effectuer à Bac + 3 ; les stagiaires devenus alors des fonctionnaires doivent bénéficier de 2 années de formation rémunérées ; ces conditions seules permettront qu’un réel soutien soit apporté aux nouveaux et nouvelles enseignant-es.

La formation à mi-temps remise en place sous la mandature Hollande est une formation au rabais. Force est de constater que la pression des contrôles, les ordres contradictoires, le manque de bienveillance et la surcharge de travail sont malheureusement monnaie courante, alors que les conditions d’enseignements continuent de se dégrader dans l’académie.

Notre administration refuse toujours de nous communiquer le nombre de démissions ce qui donnerait un état des lieux de la situation. Pour tous les collègues en souffrance, nous exigeons d’urgence les moyens à la hauteur des besoins de nos écoles.

La maltraitance, ça suffit !

Le syndicat Sud Education 94 ne cesse de dénoncer la casse du service public, les politiques managériales, les pressions hiérarchiques qui portent atteinte à la santé des travailleur-euse-s. Partout, les directions cherchent à rendre invisibles les suicides liés aux conditions de travail. C’est le cas à la SNCF, à l’APHP, à La Poste, dans l’Education nationale,dans de trop nombreuses entreprises publiques et privées, petites et grandes avec parfois aucune équipe syndicale pour témoigner. Après la mort de notre collègue-stagiaire, l’ESPE parle d’un "décés soudain" et non d’un suicide, or il est urgent de briser le silence et de dénoncer les conditions de travail dans l’Education Nationale qui conduisent au "burn-out", à la dépression ou encore au suicide.

Il est indispensable aujourd’hui de rendre visible les suicides liés aux conditions de travail, il est temps pour nous toutes et tous d’agir pour ne plus perdre sa vie à la gagner.