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EDUCATION PRIORITAIRE : ça marche pas ? Mais a-ton vraiment essayé ?
Article publié le 26 octobre 2016

L’éducation prioritaire subit ces derniers temps des attaques de toutes parts. Il y a quelques mois, la ministre de l’éducation nationale annonçait la sortie des lycées (y compris les lycées professionnels) de tout dispositif dès 2017.

Le 26 septembre, le CNESCO (Conseil national d’évaluation du système scolaire) publiait un rapport mettant en avant l’accroissement des inégalités scolaires et l’inefficacité des politiques d’éducation prioritaire dans ce domaine.

Beaucoup se sont empressés de pointer du doigt l’éducation prioritaire comme une machine à produire de l’inégalité ? Mais avant de juger l’efficacité de l’éducation prioritaire, peut être faudrait-il se demander quelle est la réalité de sa mise en oeuvre ...

La baisse des effectifs : ça marche !

Sur ce point, le rapport du CNESCO est clair : les moyens nécessaires ne sont pas là. En effet, la mesure phare du dispositif, la baisse des effectifs d’élèves dans les classes n’est pas appliquée. En 2015, du CP à la 3ème, l’effectif moyen dans les classes d’éducation prioritaire était de 21,2 élèves, soit seulement 1,9 élèves de moins que dans les établissements hors éducation prioritaire. Certains diront que la réduction de la taille des classes n’est pas en soi un gage de réussite. Les recherches menées par le CNESCO (2014) sont pourtant claires : « seule une réduction importante de la taille des classes dès le primaire permet l’amélioration significative des résultats scolaires des élèves socialement défavorisés ».

De quelle stigmatisation parle-t-on ?

Mais selon le dernier rapport du CNESCO, l’échec des politiques d’éducation prioritaire serait également du à certains « effets pervers » de ces politiques, notamment la stigmatisation supposée des établissements classés REP. Nous fera-t-on croire qu’un collège implanté au milieu d’une cité populaire serait moins stigmatisé parce qu’il ne serait pas classé REP ? Non, il le serait encore plus parce qu’il aurait encore moins de moyens. La stigmatisation qu’il faut dénoncer c’est d’abord celle dont sont victimes les quartiers populaires. Pour contrer cette stigmatisation, il faudrait une vraie politique d’urbanisation qui donne envie d’habiter ces quartiers, une vraie politique de l’emploi qui donne du travail aux habitants de ces quartiers, et surtout de vraies politiques publiques visant à réduire les inégalités sociales dont les inégalités scolaires ne sont que le reflet.

Contre la sortie programmée des lycées de l’éducation prioritaire

En attendant que de telles politiques voient le jour, une vraie politique d’éducation prioritaire avec des moyens à la hauteur des besoins reste pour nous une nécessité. C’est pourquoi SUD éducation 94 soutient la lutte contre la sortie programmée des lycées de l’éducation prioritaire. Entamée début septembre 2016 par la constitution de la coordination « Touche pas à ma ZEP », cette mobilisation a débouché sur deux journées de grève (le 29 septembre et le 11 octobre), et continue de s’étendre dans toute l’Ile de France et au delà. Face aux attaques de tout bord que subie l’éducation prioritaire, il est plus que temps de faire entendre une autre voix !

Les revendications de SUD éducation 94 pour l’éducation prioritaire :

- Moins d’élèves par classe (16 élèves dans l’éducation prioritaire)
- Une baisse du temps de travail (minoration d’1/9 du temps de service pour tous les personnels de l’éducation prioritaire)
- Un classement transparent et objectif des établissements sur critère social
Un encadrement renforcé des élèves (en CPE, AED, personnels médicaux-sociaux, RASED, maître-sup)
- Des mesures de stabilisation des équipes (titularisation de tous les précaires, aide au logement, financement des études pour permettre à des jeunes de l’académie d’accéder aux métiers de l’enseignement)

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Education prioritaire ? tract et appel intersyndical "TOUCHE PAS A MA ZEP"