SUD Education Solidaires SUD Education 94
Membre de l'union académique SUD éducation, de la fédération SUD éducation et de l'union syndicale Solidaires

1er degré | 2nd degré | Agents | Contractuels enseignants | Interprofessionnel | Les luttes | Les représentant-e-s | Stagiaires | Moyens des établissements | Education prioritaire |

La lutte contre les fermetures de classes dans le 94 : premier bilan.
Article publié le 16 septembre 2016

Les mesures de fermetures de classes annoncées en février 2016 pour le département (99 fermetures de classes et 83 ouvertures, pour 1066 élèves supplémentaires) ont eu pour effet un sursaut combattif de l’ensemble de la communauté éducative.

Enseignant-es, parents, élu-es, animateurs-trices, personnel des écoles, beaucoup se sont senti-es concerné-es par cette violence terrible que représentent le mépris, la négation de l’évidence : les classes surchargées engendrent une injustice scolaire flagrante, une inégalité éclatante.

Face à cette violence, la résistance s’est organisée. Autour d’abord des enseignant-es et parents des écoles concernées, puis avec l’appui des élu-es des municipalités touchées, des personnels des écoles. Des actions de sensibilisation ont vu le jour : occupations d’écoles, banderoles, pétitions papier et en ligne, rassemblements, assemblées générales, nuits des écoles, apparitions publiques dans des manifestations... La presse a été sollicitée à de nombreuses reprises et les actions ont pu être ainsi popularisées. Des collectifs parents-enseignant-es ont vu le jour, d’abord par communes puis au niveau départemental, grâce à des militant-es de SUD ÉDUCATION notamment qui en assurent la création et l’animation, dans le Collectif contre les fermetures de classes (collectif.ecoles.94@gmail.com).

Une intersyndicale large de syndicats enseignants et de parents d’élèves tient depuis le début de la lutte, composée du SNUDI-FO, du SNUIPP-FSU, de la CGT EDUC’ACTION, de SUD EDUCATION, de la FCPE et de la PEEP et a appelé à plusieurs rassemblements devant le ministère, la préfecture, la DSDEN, a obtenu plusieurs audiences, a accompagné les écoles dans les audiences.
Les élu-es ne sont pas en reste, avec une implication depuis le début auprès des écoles en lutte. Des vœux municipaux ont été votés,… Le Département s’est adressé à la ministre dans un vœu unanime pour demander une dotation exceptionnelle, mais normale, en postes d’enseignant-es.

Si la revendication « une dotation supplémentaire pour le département » n’a pas été obtenue, cette lutte acharnée n’a pas été vaine.

-  Des écoles ont vu leur fermeture annulée. Bien souvent, ce sont les écoles mobilisées qui ont gagné la non-fermeture, ce qui prouve que la lutte paie ! Environ 45 fermetures ont été annulées en juin et septembre.
-  L’unité syndicale (à l’exception de l’UNSA) sur le département est un facteur important et pèse sur le rapport de forces.
-  L’unité parents-enseignant-es est fondamentale et a aussi été un facteur primordial dans la lutte. Des liens se sont tissés entre écoles, communes. Le Collectif en est l’illustration, qui ne fait que récolter de nouveaux-elles inscrit-es.
-  L’appui des élu-es a été efficace et constant.

-  Surtout a pu être étalée au grand jour l’incurie des chef-fes sur la gestion des écoles : les chiffres des futurs élèves, transmis par les directeurs-trices et les municipalités au mois de décembre, ont été bidouillés, retravaillés, revus à la baisse (rien que sur Champigny, 240 élèves avait disparus !) pour justifier les suppressions de postes. Les délégations ont bien souvent été méprisées, les arguments de bon sens ont été balayés par des fonctionnaires zélé-es qui ne pensaient que calculatrice et moyenne nationale (la fameuse « équité territoriale », argument bidon servant à justifier l’injustifiable !). Et surtout la négation profonde de l’évidence : une classe a petit effectif permet aux élèves de mieux s’en sortir !

Alors, même si les résultats en terme de postes d’enseignant-es sur le département ne sont pas satisfaisants, la lutte a au moins permis de freiner l’hémorragie. Et a surtout remis du collectif, de la solidarité, des valeurs qui étaient un peu en sommeil… Deux exemples : des écoles qui ont vu l’annulation de leur fermeture sont restées dans la lutte, pour aider les autres ! Et des parents d’élèves en lutte ont tourné dans d’autres écoles pour les aider à organiser une occupation d’école…

« Ce n’est qu’un début… »
, disait-on il y a quelques années… D’ailleurs, des écoles continuent à lutter en ce moment, à Vitry et Créteil notamment, contre des fermetures. Ce qui s’est construit ces derniers mois ne doit pas rester sans lendemain. Nous devons continuer, ensemble, à lutter pour une école plus juste et des moyens donnant à chaque enfant la possibilité de vivre une scolarité épanouie, de l’école à l’université. Nous devons continuer à mutualiser nos forces pour gagner sur les revendications légitimes. Nous devons continuer à nous informer mutuellement et à mettre nos forces en commun : ce n’est que comme cela que nous pourrons gagner.

PDF - 3.1 Mo
Le tract à diffuser