SUD éducation 94

Accueil > Actualité > DE ROBBIEN AU COLLEGE DE FRANCE

DE ROBBIEN AU COLLEGE DE FRANCE

mercredi 18 octobre 2006

PARIS, 4 oct 2006 (AFP) - Le ministre de l’Education Gilles de
Robien a critiqué mercredi sur France Culture les formateurs en IUFM sur
la lecture qui protestent contre ses positions sur les méthodes
d’apprentissage de la lecture, jugeant qu’"ils sont contrariés de voir
un ministre prendre des décisions".
Lundi, une centaine d’entre eux ont quitté la salle du Collège de
France au moment où le ministre y entrait pour clore un séminaire sur la
lecture auquel ils avaient participé.
"Leur réaction est peu justifiée", a estimé M. de Robien car, "quand
on quitte une salle, ça veut dire qu’on ne veut pas entendre les
arguments de l’autre, ça veut dire qu’on fait preuve de non tolérance".
"Ces enseignants, là, ils ont été formés dans des IUFM qui leur ont
appris que la seule méthode de lecture, c’était la méthode globale, ou
semi-globale ou assimilée globale", alors que, a poursuivi le ministre,
"avec la lumière des scientifiques on sait qu’il faut surtout abandonner
tout ce qui est global ou semi-global".
Il a également jugé que ces formateurs contestataires n’avaient "pas
eu en IUFM une formation leur rappelant que la fonction publique,
c’était aussi le respect de l’Etat". Les consignes ministérielles "ne
sont pas des caprices du ministre", a-t-il précisé.
Il a assuré qu’après avoir "écouté, pris des conseils de part et
d’autres, de tous les côtés" les différents avis sur la méthode
d’apprentissage de la lecture, il a "fait le choix" et "assumé"
d’interdire la méthode globale.
"Et là, ils sont contrariés de voir un ministre qui prend des
décisions, qui les assume et qui va les suivre dans le temps pour leur
application", a-t-il expliqué.
Interrogé plus précisément sur le cas de Roland Goigoux, professeur à
l’IUFM de Clermont-Ferrand dont les interventions à l’Ecole supérieure
de l’Education nationale (Esen, formation des cadres) sur la lecture,
ont été suspendues en cette rentrée, il a rappelé que "l’Esen n’est pas
une université".
"Ce qui est enseigné à l’Esen doit être conforme au règlement et aux
instructions qui sont en vigueur à l’Éducation nationale", a-t-il
constaté, estimant que "la question n’est pas celle de la reconnaissance
des travaux de M. Goigoux qui sont, très certainement, très intéressants".
"Je suis attaché à un principe simple, c’est que les formateurs des
corps d’inspection doivent être en phase" avec les textes officiels, a
insisté M. de Robien, relevant que "c’est la moindre des choses qu’on
peut demander dans n’importe quelle entreprise et encore plus dans la
fonction publique".
"Ca me paraît d’une logique qui ne mérite pas l’excès d’attention que
la presse, ses collègues y attachent", a-t-il conclu.