SUD éducation 94

Accueil > Actualité > PAS BESOIN DE PERMISSION POUR ÊTRE LIBRE ET SOLIDAIRE AUTONOMIE, RAGE ET (...)

PAS BESOIN DE PERMISSION POUR ÊTRE LIBRE ET SOLIDAIRE AUTONOMIE, RAGE ET SOLIDARITÉ SONT NOS ARMES RASSEMBLEMENT DEVANT L’AMBASSADE DU MEXIQUE À PARIS

dimanche 6 juin 2010

Dans l’État d’Oaxaca le 27 avril 2010, une caravane de solidarité formée
par des membres d’organisations civiles mexicaines et internationales a
été attaquée sur le chemin vers la communauté indienne autonome de San
Juan Copala. Une vingtaine de paramilitaires de l’organisation Ubisort
(Union pour le bien-être social de la région triqui) affiliée au parti au
pouvoir dans l’État, le PRI (Parti révolutionnaire institutionnel), a
mitraillé le convoi, faisant deux morts et une quinzaine de blessés.
Beatríz Cariño Trujillo, directrice du collectif CACTUS, et Jyri Antero
Jaakkola, observateur international finlandais, ont été assassinés dans
cette embuscade meurtrière et préméditée. La caravane de solidarité avait
pour but de briser le siège établi autour de San Juan Copala depuis
octobre 2009 ; siège exercé pour anéantir le processus d’autonomie
proclamé et mis en pratique depuis janvier 2007 par l’assemblée communale.

Le 20 mai 2010, un énième épisode de violence marque le climat de terreur
de cette région : l’assassinat de Tleriberta Castro et de son époux,
Timoteo Alejandro Ramírez, référent moral, porte-parole et fondateur du
municipio autonomo de San Juan Copala et un des principaux dirigeants du
Mouvement d’unification et de la lutte triqui indépendant (MULTI). Mais le
silence ne peut pas être imposé par le bruit des armes : les autorités de
la commune autonome de San Juan Copala convoquent une deuxième Caravane
humanitaire appelée "Bety Cariño y Jyri Jaakkola" qui partira le 8 juin
2010, avec le but de rompre le siège des paramilitaires et d’apporter
notre solidarité aux 70 familles qui survivent actuellement dans des
conditions très difficiles, sans accès à l’eau, sans électricité et en
manque d’aliments. En France et partout dans le monde, plusieurs
collectifs ont décidé d’accompagner symboliquement cette caravane le 8
juin 2010 par des actions, piquets et manifestations.

Particulièrement violente au Mexique, cette stratégie de
répression-criminalisation contre la solidarité avec les luttes sociales
tend à se généraliser. Ici aussi, la répression frappe les personnes qui
s’engagent dans une solidarité active, notamment avec les sans-papiers,
qu’elles soient accusées d’avoir hébergé des clandestins ou d’avoir saboté
des distributeurs automatiques de billets appartenant à des banques qui
dénoncent leurs clients sans papiers.

Au large de Gaza, le gouvernement israélien, qui n’a rien à envier à ceux
d’Iran ou de Syrie en matière de terrorisme d’État et de censure, vient
d’adresser un message des plus menaçants à tous les internationaux qui
voudraient faire preuve de solidarité envers la population palestinienne :
Tsahal n’hésitera pas à réprimer dans le sang quiconque contrariera le
colonialisme sioniste.

Dans un monde toujours plus policé et contrôlé, aucune aspérité ne doit
émerger. Partout où la révolte sociale refusera de se laisser manipuler,
les États, les justices, les flics, les médias officiels feront leur
possible pour éliminer, notamment par la terreur, toute volonté de
résistance et de solidarité avec ceux qui osent encore se rebeller. Cela
n’a rien d’étonnant car le jeu du pouvoir est en fait très efficace :
atomiser et individualiser la majorité du peuple dans un modèle de
consommation et de dépendance qui limite la liberté des personnes à se
retrouver, à discuter, à jouer, à s’aimer, enfin à vivre et à partager
ensemble. Les espaces communs tels que les places, les rues, les jardins,
les friches, sont de plus en plus transformés pour laisser place aux
symboles du grand marché économico-gourmand où tout est à payer avec son
emballage propre et aux normes d’hygiène et de sécurité.

Mais la nécessité de la solidarité et du partage fleurit encore là où ils
ne l’attendent pas. Que ce soit pour un campement de Rroms menacé
d’expulsion, pour une maison occupée, pour un sans-papiers raflé, pour un
travailleur licencié, pour une femme agressée, pour un chômeur en galère,
pour un jeune de cité battu par les flics, pour une population bombardée
comme en Palestine ou pour toutes les femmes et tous les hommes abandonnés
dans une prison, pour tous ceux-là, nos chemins de rébellion et de
solidarité continueront à s’enraciner.

Partout sur cette planète, une même logique de course aux profits et au
pouvoir pressure les milliards d’humains qui n’ont pas la "chance" d’être
riches. Partout des politiciens de tous bords essaient de nous endormir
avec leurs belles paroles, mais aussi de récupérer toute démarche de
protestation. Partout, des exploités résistent en expérimentant des formes
d’autonomie et d’auto-organisation afin de ne plus se faire maquer par des
récupérateurs professionnels se posant en médiateurs représentant la base.
Partout, ces luttes cherchent à tisser des liens de solidarité active pour
mieux se défendre. C’est aussi pour tout cela, pour la nécessité de la
solidarité, pour le besoin urgent de construire d’autres espaces, ici et
maintenant, dans des territoires libres, émancipés et sans limites, qu’on
appelle toutes les personnes solidaires en bas et à gauche, le 8 juin
2010, à une journée de mobilisation internationale qui coïncide avec le
départ de la caravane de solidarité pour San Juan Copala dans l’État
d’Oaxaca.

Parce ce que, pour être libres et solidaires,
on n’a pas besoin de permission !

Rassemblement devant l’ambassade du Mexique à Paris,
le mardi 8 juin de 16 heures à 20 heures. Métro Iéna

Comité de solidarité avec les Indiens des Amériques (CSIA),

Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte (CSPCL),

Secrétariat international de la CNT,

Les Trois Passants,

Union syndicale Solidaires,

Fédération Sud Education,

Tierra y Libertad para Arauco,

Diren Istanbul "Résistance Istanbul"san