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Crise sanitaire et écoles : l’enquête de SUD éducation 94
Article publié le 29 mars 2021

SUD ÉDUCATION 94 a lancé au 1er semestre un questionnaire concernant les conséquences liée à la crise de la COVID-19 centré sur les remplacements et la répartition des élèves.
Ce questionnaire a été rempli durant une période où la propagation du virus était relativement faible. Aujourd’hui, les résultats seraient en très nette augmentation si nous devions remplir cette enquête.
Il n’y a pas un jour où les collègues, et maintenant la presse départementale, ne se font pas écho des classes fermées, des collègues « cas contacts » ou en arrêt maladie….
Après des années de suppression de postes, d’insuffisance de moyens de remplacement et de médecine scolaire, et de la quasi-inexistence de présence d’infirmières scolaires, les collègues et les parents se retrouvent seuls face à la crise sanitaire, qui est exacerbée par l’insuffisance de moyens des services publics d’Éducation et de Santé (pour ne citer que ces 2 services publics).
Sur la période concernée par le questionnaire (de septembre à décembre 2020), les collègues témoignent :
▶ une moyenne de 23 demi-journées non remplacées par école, avec un max de 90 demi-journées (certaines écoles du département atteignent aujourd’hui plus de 180 demi-journées non remplacées) ;
▶ une répartition des élèves dans les autres classes comme seule réponse possible à 85 % ;
▶ un brassage important dans les classes sans respect du protocole sanitaire à 82 %.

Normalement, dans les écoles il y a une clé de répartition des élèves dans chaque classe en cas d’absence d’un enseignant mais avec la covid, la réalité est toute autre.
Lorsque les écoles sont petites (5 classes par exemple), la répartition devient un vrai casse-tête et la surcharge des classes est inévitable. C’est le même cas si plusieurs enseignants sont absents en même temps. Les classes sont bondées et le brassage inévitable.
Dans les écoles maternelles, les classes de PS peuvent accueillir le matin, mais que faire des élèves repartis lorsque que les PS sont à la sieste ? Les élèves sont inévitablement répartis à nouveau dans les classes restantes. Un enseignant peut se retrouver à gérer 2 classes avec son ATSEM en laissant la porte ouverte.
Les effectifs peuvent monter jusqu’à 35 élèves !
Parfois, le manque de place et de matériel fait qu’on répartit là où on peut, en fonction des contraintes.

Outre le brassage incessant des élèves lors des répartitions ou sur les temps méridiens, les enseignants déplorent le manque de moyens sanitaires pour faire face à la pandémie. Les écoles manquent de personnels pour la désinfection des locaux, les élèves manquent de lavabos et de savon pour se laver les mains.

Un.e remplaçant.e ? Ça existe encore ?

Les remplaçant-es sont surexposé-es à la Covid puisqu’ils changent régulièrement d’école.
Lors de l’enquête, deux enseignant-es sur dix affirment avoir attrapé la Covid au travail, deux sur dix ne savent pas s’ils l’ont contractée ou non à l’école et la majorité des remplaçant-es de notre enquête affirme ne pas avoir contracté la Covid au travail (6 sur 10).
Cela peut s’expliquer par le fait que les remplaçant-es sont extrêmement vigilant-es de par leur surexposition au virus et qu’ils passent moins de temps avec leurs collègues (qu’ils ne connaissent pas forcément) lors des repas.
Huit remplaçant-es sur dix affirment avoir effectué le remplacement d’un-e collègue ayant la Covid. Ils ont, dans la plupart des cas, été prévenus de cette information.
Lors de cette année particulière, l’important manque de remplaçant-es a apporté de nouvelles pratiques pour les remplacements. Il s’avère que lorsque les parents s’énervent (légitimement) parce que leurs enfants n’ont pas de remplaçant-es, le pôle remplacement pioche parmi des remplaçant-es déjà en fonction sur une classe pour remplacer quelques jours dans la classe et "calmer" ainsi les parents.
Ce n’est qu’un semblant de solution, car ce-tte remplaçant-e sera déplacé-e (même si on a encore besoin de lui dans cette école) pour aller "étouffer/ diminuer" la colère de parents d’une autre classe.
Cela existait déjà lorsque les effectifs de remplaçant-es en cours d’année étaient à flux tendu, mais cette année cela a commencé presque dès la rentrée. Certains congés prévus comme les congés maternité ne trouve plus de remplaçant-e.

FIN DE LA RÉCRÉ : RENDEZ L’ARGENT !

Cette année, Blanquer, non content d’être dans le déni permanent, se vante d’avoir fait 200 millions d’économies dans l’Éducation Nationale.
http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2021/01/25012021Article637471556122732723.aspx
"Le Journal officiel du 24 janvier porte annulation de 212 501 312,60€ du budget de l’éducation nationale, mission soutien à la politique de l’éducation nationale et report de cette somme au budget 2021."

En 2018 déjà 200 millions restaient en fin d’année. L’année suivante, le budget de l’Éducation nationale avait fort peu augmenté. Ces 200 millions économisés c’est l’équivalent de 4200 postes d’enseignants dans un budget qui supprime 1800 postes dans le second degré. C’est aussi la moitié de la revalorisation promise aux enseignants pour 2021. Ils auraient pu obtenir beaucoup plus...
Il est peut-être temps de siffler la fin de la récré pour ce gouvernement, de se réunir (avec le respect des mesures sanitaires) et de s’organiser collectivement pour contraindre Blanquer et Macron d’arrêter de pérorer sur les plateaux télé et de donner les moyens humains pour que l’école publique puisse faire face à cette pandémie qui n’est pas finie et qui ne sera peut-être pas la seule.

▶ Comptabilisons l’ensemble des demi-journées de classes perdues faute de moyens de remplacement suffisants et affichons-les sur les grilles de nos écoles
▶ Faisons remonter un état des lieux aux syndicats
▶ Organisons nos pétitions avec les parents d’élèves et participons aux actions
proposées, comme les casserolades du mercredi à compter du 31 mars, 18h (actions FCPE)
▶ Débattons dans nos écoles du droit de retrait pour mise en danger

▶ A l’appel de l’intersyndicale départementale 1er degré, participons à la grève du 6 avril pour dire STOP, et à la grève du 8 avril en soutien aux AESH, également maltraité-es dans cette crise sanitaire.

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Crise sanitaire et écoles : l’enquête de SUD éducation 94