SUD Education Solidaires SUD Education 94
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Déclaration liminaire de SUD éducation au CDEN 94 du 19 juin
Article publié le 19 juin 2014

Déclaration SUD éducation et déclaration commune

Créteil le 19 juin 2014

Mesdames, Messieurs,
Pour la première participation de notre syndicat SUD EDUCATION aux travaux du CDEN 94, nous abordons une question qui mobilise encore fortement les personnels, les parents et les élus.
Aujourd’hui encore dans le Val de Marne, mais aussi dans le 93.

Plusieurs remarques s’imposent :
Aucune étude scientifique n’a pu établir le lien entre réussite scolaire et rythmes scolaires.
Effectivement, il y a une forte corrélation entre les écarts de réussite scolaire et les « écarts sociaux ». Est-ce qu’une « réforme » dont le financement à long terme des activités périscolaires repose essentiellement sur les budgets des villes est de nature à réduire les inégalités ? Chacun sait qu’en plus des inégalités sociales s’ajoutent les inégalités territoriales. La réduction des dotations budgétaires des communes, pacte de « responsabilité » oblige, ne va pas arranger les choses. On peut même craindre que des communes transfèrent des financements de dispositifs actuellement prévus sur le temps scolaire vers des dispositifs hors temps scolaire.
Par ailleurs, une étude d’impact sur les créneaux piscine, gymnases etc. a-t-elle été faite ?

Un des arguments avancés serait celui de l’intérêt de l’enfant.
La lecture des documents fournis (24 communes sur 47) fait apparaître plusieurs éléments qui contredisent cette thèse :
a) Des écoles de 5 communes verront la matinée scolaire dépasser les 3 heures. Quand nous constatons dans nos classes une baisse de vigilance de 11H à 11H 30. Nous ne pouvons que nous interroger sur l’intérêt de l’élève à voir se prolonger la matinée scolaire.
b) Des écoles de 5 communes connaîtront une pause méridienne de 2H15. Là encore, quand on constate les difficultés des municipalités à recruter des personnels qualifiés et mettre en place un dispositif éducatif de qualité sur cette tranche horaire, nous ne pouvons qu’être inquiets sur les retours en classe en début d’après-midi. Un plan de financement national pour aider les communes à améliorer les dispositifs actuels de la pause méridienne aurait été plus pertinent que les décrets rythmes scolaires.
c) Des écoles de 3 communes verront les cours se finir à 15H le vendredi, avec le mercredi travaillé. On voit bien l’intérêt des familles qui ont les moyens de partir en week-end. Mais nous ne voyons pas le lien avec les travaux des chronobiologistes qui auraient inspiré cette réforme ?
d) Même si la journée scolaire peut être un peu raccourcie, la journée et la semaine de l’enfant seront plus longues et surtout beaucoup plus déstructurantes : rythmes scolaires variables d’un jour à l’autre, confusion entre le scolaire et les périscolaire, etc. Le temps scolaire n’est-il pas d’abord un problème de contenu, de conditions des apprentissages, de formation des enseignants etc. ? Les actuels programmes sont aussi responsables de la densité didactique des journées. Quel bien être ? Quels apprentissages à 30 et plus dans 52 m2 ?

Et puis, il y a ce que ne disent pas les documents. En dehors du fait qu’il manque la moitié des communes (23 sur 47), rien n’est indiqué sur les TAP et autres activités péri-éducatives.
Simplement, nous constatons que dans les communes du 93 qui ont mis en place le décret Peillon, les activités qui étaient gratuites deviennent de plus en plus payantes. Quelle sera la situation dans chaque commune ?

Des horaires différents pour chaque commune participent à la remise en cause du caractère national de l’Ecole publique. Ces décrets accélèrent la mise en place d’une école des territoires, dans une période inquiétante de réforme des territoires.

Un autre argument avancé serait celui de la démocratie. Les décrets Peillon/Hamon ont été rejetés tant par les CTM (Comité Technique Paritaire) que les CSE (Conseil Supérieur de l’Education). Il nous semble que la réponse démocratique est clairement contre ces 2 décrets.

Un des autres arguments qui nous est opposé, serait notre soi-disante crainte du changement, opposition à ce qui est nouveau. Permettez-moi de vous rappeler, mesdames, messieurs, le slogan fondateur de SUD EDUCATION : « UNE AUTRE SOCIETE, UNE AUTRE ECOLE ».

Permettez aussi de conclure avec quelques revendications concrètes qui permettraient d’améliorer les réussites et les conditions d’apprentissage de nos élèves :

  • Abaisser les effectifs maximum par classe
    - 15 maxi en toute petite section.
    - 18 maxi en ZEP et 24 maxi en zone « banale ».
  • Rétablir tous les postes RASED supprimés, créer des RASED complets dans tous les groupes scolaires.
  • 5 maîtres pour 4 classes.
  • Classer en Éducation Prioritaire toutes les écoles situées en quartiers populaires.
  • Créer des postes d’assistantes sociales, d’infirmières et de médecins scolaires.
  • Repenser les programmes.
  • Rétablir la formation continue.
  • Rétablir une formation initiale de 2 années après la licence.

Nous demandons à titre conservatoire, avec nos camarades du SNUipp-FSU, du SNUDI-FO, de la CGT EDUC’ACTION, de surseoir à la mise en œuvre de la réforme des nouveaux rythmes scolaires à la rentrée prochaine pour toutes les écoles du Val de Marne.
Au plan national, nous demandons l’abrogation des décrets rythmes scolaires.

SUD EDUCATION
19 JUIN 2014