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Education prioritaire CR du groupe de travail sur les collèges du 94 du 24 novembre
Article publié le 27 novembre 2014


Compte rendu du groupe de travail sur l'éducation prioritaire du lundi 23 novembre à la DSDEN 94


La DASEN a resitué la refonte de l’éducation prioritaire en contexte :

1/ Dans le contexte de la circulaire fondatrice de décembre 81 : «  les zones d’éducation prioritaires sont un dispositif PROVISOIRE, les pérenniser contribue à la construction de ghettos scolaires »
2/ Dans un contexte où la carte scolaire est peu lisible ( multiplication des labels ) et n’est plus cohérente, les moyens sont dispersés, les aides sont du saupoudrage…c’est là le premier refrain :  il faut reconcentrer les moyens là ou il y en a le plus besoin, il faut rendre la carte de l’éducation prioritaire plus  LISIBLE .  Autrement dit il ne s’agit pas du tout de répondre à des besoins reconnus sur le terrain par les équipes pédagogiques : SUD EDUCATION dénonce cette révision de la carte de l’éducation prioritaire qui s’effectue à moyens constants. SUD EDUCATION rappelle que  sans véritables moyens, pas de véritable réforme. Avec une enveloppe budgétaire fermée on retire aux uns pour donner aux autres.
La Dasen  refuse cette analyse  et annonce que « c’est une chance de sortir du dispositif, cela veut dire que la situation s’est améliorée »,  elle ajoute  que la réforme de l’éducation prioritaire « ce n’est pas qu’une question de moyens, c’est aussi une question de pédagogie »…
3/ Dans un contexte de politique de la ville changeante : les territoires évoluent :  , il y a dans le Val de Marne de grands programmes de rénovation urbaine, des réhabilitations de friches industrielles, le préfet retravaille à l’identification des quartiers « Politique de la Ville » ( seront fixés pour fin janvier au plus tard )
Refrain n°2 :  Qu’on se rassure, les élus ont compris les erreurs du passé, ils sont maintenant très attentifs à la mixité sociale… on ne reconnaîtra bientôt plus nos quartiers ni nos classes tellement la construction du Tramway modifie la sociologie des quartiers ( véridique ! tramway de Villejuif cité en exemple ! ) ok mais en attendant ?


Bilan de la situation dans le Val-de-Marne :

A ce jour :
- 4 ECLAIR  très différents ( DESNOS à Orly / TRIOLET à Champigny / PERRIN à Vitry / BRASSENS )
- 13 RRS non zep
- 23 RRS
Les paradoxes suivants sont pointés par l’administration :
-    Des écoles non ZEP alimentent des collèges ZEP et vice versa…
-    Les indicateurs de gestion pour l’attribution des décharges de direction dans les écoles remontent à 1991
Ces paradoxes sont désignés par l’administration  comme des facteurs de confusion, ils nourrissent les sentiments d’injustice  la refonte s’impose donc
NB : La DASEN a admis entre les lignes que les écarts ont été creusés et non réduits par les précédentes politiques
Pour 2015-2016 : Il y aura 350 REP au niveau national, 130 sur  notre académie,  33 pour notre département
34 rep+ sur notre académie, dont 3 pour notre département ( non modifiées : Elsa Triolet à CHAMPIGNY, Robert Desnos à ORLY, Jules Ferry à VILLENEUVE ST GEOGES )

La Nouvelle Carte de l’éducation prioritaire serait la suivante

7 collèges sortent de l'éducation prioritaire (ancien ZEP ou RRS)
- Henri Barbusse Alfortville (RRS ZEP)
- Dulcie September Arcueil (RRS)
- Romain Rolland Ivry-sur-seine (RRS)
- Guy Moquet Villejuif (RRS)
- Louis Pasteur Villejuif (RRS)
- Les Prunais Villiers-sur-Marne (RRS)
- Adolphe Chérioux Vitry-sur-Seine (RRS ZEP)

3 collèges y entrent :
- Léon Blum à Alfortville
- Jean Moulin à Chevilly la Rue
- Joseph Lakanal à Vitry-sur-seine

On ne parle plus de zone d’éducation prioritaire, on parle de réseau :  Cette nouvelle carte donne les collèges tête de réseau

Ces têtes de réseau sont définies pour 4 ans, elles ont vocation à sortir du dispositif.

Pour les écoles : rien n’est automatique, le cas de chaque école sera examiné au prochain groupe de travail  et selon les flux d’élèves envoyés vers le collège REP ou REP+  les écoles seront classées ou pas.
SUD EDUCATION Créteil vous propose de répondre à l'enquête

Quelques précisions  sur la méthode :
Les collèges de l’académie ont été classés selon les « indicateurs de difficulté sociale » datant de 2012 les critères sont les  suivants :
-    % d’élèves résidant en ZUS
-    Pourcentage de PCS défavorisées
-    Nombre d’élèves en retard d’une année ou plus à l’entrée en 6e
-    % de boursiers
La démarche du rectorat a été de consulter les sous préfets en charge de la politique de la ville et les services « éducation » et « social » du Conseil général du 94.

Pour SUD EDUCATION ces critères choisis par le Ministère ne sont absolument pas satisfaisants. C’est un mensonge de prétendre qu’il ne s’agit que de critères sociaux: le retard à l’entrée en 6e relève des choix éducatifs des écoles de secteur et non de la situation sociale des familles ! Par ailleurs, le nombre de boursier n’est pas très significatif, celui-ci dépendant largement du degré de familiarité et d’aisance des familles avec les démarches institutionnelles Quand au PCS elles sont déclaratives et parfois pas ou mal complétées par les familles lors de l'inscription de l'enfant.

La DASEN a mis en avant la « finesse du classement obtenu » : 5 catégories ayant été établies
-    REP+
-    Catégorie dont la présence dans le classement est  peu discutable
-    Catégorie à discuter
-    Catégorie « complément »
-    Catégorie hors liste
Mais ce classement ne nous a pas été présenté : vous trouverez  les documents mis à notre disposition pendant le groupe de travail


Les services ne nous ont pas présenté un mode de calcul objectif de la position des établissements à partir de ces critères, ils ne nous ont pas non plus fourni les données pour les établissements non retenus dans la carte de l’éducation prioritaire : nous sommes donc dans le flou complet, qui laisse la part belle aux négociations politiques, ville par ville, ce qui se passe dans le dos des personnels et des parents. SUD éducation revendique toujours un classement sur critères sociaux, avec un classement clair, transparent et objectif.

Et pour les établissement sortants de l’éducation prioritaire ?
Ces établissement seront  accompagnés dans la sortie de l’éducation prioritaire :  mais aucune précision ni garantie ne nous a été apportée quand aux modalités de cet  accompagnement qui « reste à définir ». Les classes ne passeront pas brutalement de 25 à 30 : « j’aurais un regard particulier ».
Néanmoins une clause de sauvegarde permettra aux collègues de percevoir leurs indemnités pour 3 ans encore.

Quels moyens pour la réforme ?

En REP+ les indemnités des enseignants augmentent. Des décharges horaires de 1,1 sont prévues pour les concertations. Mais quid des personnels non-enseignants (AED, pôle médico-social, agents) ? Qui des enseignants contractuels ?
Et les seuils ? SUD EDUCATION dénonce la disparition de la notion de seuil qui a été clairement annoncée.  La DASEN préfère désormais la notion de « repère » : concrètement l’arrivée d’  élèves en plus  ne permettra plus l’ouverture d’une classe.
Pourtant les taux d’encadrement sont un enjeu majeur de la réussite des élèves. Pour les établissements qui sortent de l’éducation prioritaire comme pour ceux qui y restent, les seuils de classe vont continuer à exploser. SUD éducation continue à le dénoncer, et revendique 16 élèves par classe dans toute l’éducation prioritaire .