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Gestionnaire : n’est pas un personnel de direction
Article publié le 12 juillet 2018

Contrairement à ce que cherche à faire croire certain syndicat et
l’administration, le gestionnaire n’est pas un personnel de direction. Cette
appellation n’est qu’honorifique et ne repose sur aucune base légale sinon
faire accomplir encore plus de tâches et surcharger de travail le gestionnaire,
ou l’intendant-e, dans son appellation d’origine, bien plus gratifiante.

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Tract gestionnaires

Contrairement à ce que cherche à faire croire certain syndicat et l’administration (ces deux entités étant difficiles à différencier), le gestionnaire n’est pas un personnel de direction. Cette appellation n’est qu’honorifique et ne repose sur aucune base légale sinon faire accomplir encore plus de tâches et surcharger de travail le gestionnaire, ou l’intendant-e, dans son appellation d’origine, bien plus gratifiante et bien plus indépendante.

D’ailleurs, l’article R421-13 du code de l’éducation précise que :
En cas d’absence ou d’empêchement, le chef d’établissement est suppléé par son adjoint, notamment pour la présidence des instances de l’établissement.
En cas d’absence ou d’empêchement du chef d’établissement, lorsque celui-ci n’a donné aucune délégation à cet effet, l’autorité académique nomme un ordonnateur suppléant qui peut être soit l’adjoint soit le chef d’un autre établissement.

Il n’est pas ici question de « l’adjoint gestionnaire », mais bien de l’adjoint tout court.
Enfin, la délégation de signature ne peut porter que sur des cas précis et ne s’étend pas à toutes les prérogatives du chef d’établissement.

Le gestionnaire est assimilé au CPE, qui n’est pas non plus un personnel de direction.
Tous deux faisant partie de l’équipe de direction. Ce qui n’est pas tout à fait la même chose.

Notre évolution de carrière « naturelle » n’est pas non plus de passer le concours de chef-fe d’établissement.

Nos missions sont par ailleurs de plus en plus difficiles à remplir du fait des sous-effectifs chroniques, d’une partie des personnels précaires.

Une équipe de direction élargie ?
Les gestionnaires sont assimilé-e-s à ce que l’administration appelle « l’équipe de direction élargie ». Il n’y a pourtant aucune obligation légale à se considérer comme tel. Les gestionnaires sont des personnels administratifs et peuvent s’opposer aux chef-fe-s d’établissement comme n’importe quel personnel. Ils et elles peuvent avoir des positions publiques qui vont à l’encontre de la direction, refuser d’obéir à des consignes qui vont contre leurs attributions.

Refuser ce qui n’est pas de notre ressort
Il arrive souvent qu’on demande aux gestionnaires de prendre en charge des missions qu’ils n’ont pas à assurer et qui viennent s’ajouter à leur charge de travail.

Rien n’indique que ce sont à eux et elles d’assurer des tâches qui ne relèvent pas vraiment de la gestion et qui devraient être confiées à n’importe quel personnel éducatif volontaire.

Il arrive fréquemment que des chefs d’établissement considèrent que les autres personnels sont à leur service. Cette dérive est inacceptable. Comme tout fonctionnaire, le gestionnaire est au service du public et non pas d’un supérieur hiérarchique.
Le temps de service et les heures supplémentaires
Le temps de travail des gestionnaires et annualisé, et doit prendre en compte les 9 semaines de congés payés. Tout dépassement de la durée légale hebdomadaire (35 heures) donne droit à des RTT. De nombreu-ses gestionnaires font beaucoup plus pour parvenir à assurer leurs missions.
Chaque heure supplémentaire doit être rattrapée (conseil d’administration, commission permanente, conseil de discipline). C’est un droit et il faut le faire appliquer. Si le temps de travail légal n’est pas suffisant, c’est tout simplement qu’il n’y a pas assez de postes et qu’il faut en créer : ce n’est pas aux personnels d’assumer les carences de l’administration ! (voir code du travail, article L4121-1).
Il est impératif que l’administration reconnaisse la possibilité de faire entrer les heures « supplémentaires » dans le compte épargne temps.

Le droit syndical
Les gestionnaires comme tous les personnels ont le droit de faire grève et de participer aux heures mensuelles d’information syndicale.
Si le ou la gestionnaire est en grève et que le service ne peut être assuré dans de bonnes conditions le ou la chef-fe d’établissement peut prendre la décision de fermer l’établissement, voire la cantine.
En aucun cas, les gestionnaires ou autres personnels ne peuvent remplacer des personnels grévistes.

Les gestionnaires peuvent également avoir une activité syndicale assumée dans l’établissement, quel que soit le syndicat, et pas seulement avec le syndicat autoproclamé « syndicat officiel ».
Il faut cependant veiller à ne pas se retrouver isolé-e. La transformation du métier et le rapprochement avec la direction peuvent rendre difficile l’exercice de ce droit et mettre en difficulté les collègues qui s’y engagent. En cas de difficulté il ne faut pas hésiter à demander le soutien des autres personnels, à faire remonter les entraves constatées et à demander l’intervention de représentant-e-s syndicaux extérieurs à l’établissement.

Le conseil d’administration
La situation des gestionnaire vis à vis du conseil d’administration est particulière : à la fois membre de droit et électeur-trice/éligible. Ce membre de droit n’a par ailleurs aucune obligation à voter comme la direction, (c’est l’inconvénient d’un état de droit). Ses seules contraintes sont de veiller à la légalité de ce qui est voté et d’expliquer à la direction les raisons de son vote dans le cadre du « devoir de loyauté » qui est une pure invention et n’a aucune réalité légale. La seule loyauté du fonctionnaire étant en direction du public.