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LE COLLEGE REPUBLIQUE DE BOBIGNY REFUSE LE CLASSEMENT EP1
Article publié le 6 mars 2006

Le Collège République refuse le classement EP1

Nous, professeurs et représentants de la FCPE, protestons contre les décisions adoptées dans la réforme des ZEP.

Nous dénonçons :

- Le chantage opéré dans l’application de la réforme « ambition réussite » : alors qu’elle n’est encore qu’à l’état de communiqué de presse (du 7 Février 2006), le ministère pousse les inspections académiques à appliquer dès maintenant la réforme, exige des conseils d’administration qu’ils votent des répartitions qui ventilent les heures correspondant aux professeurs EP1 ou référents dont personne ne connaît clairement le profil, les missions et le statut.

- le flou de la réforme et ses contradictions :

La conférence de Presse du ministre, sujette à de nombreuses interprétations, sert de base. Elle est adaptée par le recteur, qui envoie les inspecteurs d’académie dans les établissements avec des discours marqués par l’incertitude ( on ne sait pas...il se pourrait...), par des annonces contradictoires.

-le flou sur les 4 professeurs référents :
Leurs missions sont multiples et à peine définies : heures devant élèves, accompagnement des élèves dans le cadre des Programmes Personnalisés de Réussite Educative, concertation, formation des jeunes professeurs, liaison école-collège.
Nous avons de sérieuses inquiétudes face à la multiplication de ces missions qui devront être assurées par seulement ces quatre personnes dont le profil serait défini en comité exécutif (comité restreint au chef d’établissement, son adjoint et au directeur de l’école rattachée).
Il apparaît impossible de dégager des heures de concertation pour tous les professeurs sur le seul temps de ces professeurs.
Il semble difficile que ces quelques professeurs ne se retrouvent dans une forme de position hiérarchique face aux autres. Leur statut (même peu précisé pour l’instant) est différent (accès rapide à la hors classe, mission définie par le (la) chef d’établissement). Ne joueraient-ils pas un rôle de relais de la direction pour l’encadrement des équpes pédagogiques ?
Leur nombre est insuffisant pour accompagner efficacement l’ensemble des jeunes professeurs. En outre, sans formation à cet accompagnement se pose la question de leur compétence.

-le flou sur les heures effectuées par les professeurs référents devant les élèves (une quarantaine d’heures ?).

Ces heures concernent-elles seulement le collège ou tout le réseau ?
Ne serait-il pas judicieux de concentrer en priorité des moyens en amont pour traiter les difficultés des élèves dès l’école primaire ?
Si ces heures sont destinées uniquement au collège, les moyens sont largement insuffisants pour assurer un soutien à tous les élèves en ayant besoin. On se trouverait alors dans une autre forme de « saupoudrage » dénoncé par cette réforme. Y aurait-il une volonté déterminée de mettre quelques élèves sur une voie parallèle ?
Comment choisir les élèves bénéficiant de cette aide sans heure de coordination pour les professeurs ayant les classes en charge ?
Quels élèves choisir dans ce cas ? (les plus méritants ou les plus en difficulté ?)
Selon les textes, le but est d’aider les élèves les plus en difficulté. Ces quelques moyens ne permet

tront-ils pas tout simplement de trier les élèves et s’ils ne réussissent pas malgré cette aide (aussi légère soit-elle) de les orienter plus rapidement. Ils seraient étiquetés pour une sortie du collège vers l’apprentissage à 14 ans.
Au delà du choix des élèves aucune mise en oeuvre ne semble pouvoir permettre la réussite de cette aide personnalisée.
1) retirer les élèves du cours : problème de continuité de l’enseignement.
2) les prendre en petit groupe pour assurer le même enseignement au même moment : quel temps de concertation pour se mettre au point sur les contenus ?
3) les prendre en plus de leur emploi du temps : des classes seront exclues par avance pour des problèmes d’emploi du temps si les heures sont placées dans la journée (alignement de toutes les classes impossible). Si les élèves sont pris sur des horaires en début ou en fin de journée on sait ce que ça donne en terme d’efficacité et de présence des élèves.
4) prévoir des regroupements type AS. Outre que cela ne concernerait qu’un niveau et que ce n’est pas ce vers quoi oriente le texte, ce type de regroupement pose de nombreuses difficultés. (Groupes de niveaux annuels, appartenance à la classe, concertation...)

Après la visite de l’inspectrice d’académie adjointe, d’autres possibilités se font jour. (On est sur : « tout est possible... à vous de voir ») Ces professeurs pourraient prendre une classe entière à l’année mais il ne faudrait pas saturer leur temps par une trop grande présence face à élèves.

-le flou sur les assistants pédagogiques :
On ne sait combien on en aurait. Entre 1 et 10 selon les premières annonces. Plutôt une dizaine selon l’IA. Leur missions sont peu définies ( prendre des groupes d’élèves, encadrer des études). Ce sont encore une fois des emplois précaires

-le flou sur le livret de compétence
Il relève du ministère et n’est pas disponible actuellement. On n’en sait que très peu de choses. Il serait fondé sur l’acquisition du socle commun, qui fixe le minimum de compétences à acquérir et qui n’est pas encore défini.( les travaux de la commission devraient être remis en avril au ministère ). Il concerne tous les élèves à charge pour l’équipe pédagogique de le remplir et peut-être même de le créer si le ministère ne l’a pas livré à temps (information recueillie auprès de l’IA).

-le flou des annonces
Différence entre ce qui est annoncé par le ministre et ce qui nous est présenté par l’IA via la principale, puis par l’IA en personne.

-le flou de la spécialité de haut niveau
Elle serait d’ordre culturel, sportif, scientifique environnemental ou linguistique. Elle est à intégrer au projet. Sur quels moyens ? Sur quel temps ? Une journée banalisée serait accordée pour que l’équipe du collège bâtisse ce projet. Mais cela semble bien court dans la mesure ou beaucoup d’autres éléments sont à intégrer dans le projet ambition réussite.

-le flou lié aux contradictions
Il y a une contradiction entre la contractualisation avec les autorités académiques qui détermineraient clairement les objectifs pédagogiques ainsi que les expérimentations et la notion d’autonomie renforcée des équipes pédagogiques.

Lors de la visite de l’inspectrice, nous apprenons que si le ministre prévoit 200 modules relais en priorité pour les EP1, ils sont tous déjà distribués et aucun n’a été attribué au collège République alors qu’un projet avait été élaboré et déposé dès l ’année dernière par l’équipe éducative.

Alors que le classement EP1 se fait sur le constat des difficultés sociales des élèves, le collège enregistre une baisse de 33% des fonds sociaux.

Le collège comprend 4 écoles dans son secteur, une seule est classée EP1 et pourrait donc bénéficier des « moyens ».

Les professeurs référents ne sont désormais plus forcément des professeurs chevronnés recrutés à l’externe mais peuvent être des professeurs enseigant depuis quelques années (le nombre n’est pas défini) au collège.

Dans l’intérêt des élèves, il est contradictoire que des professeurs enseignant depuis quelques années au collège ne leur fassent pas bénéficier de leur expérience, sur tout leur temps de service, et soient remplacés par des professeurs nouvellement nommés (comme c’est souvent le cas au collège).

Les dangers de cette réforme financée uniquement par redéploiement des moyens
-  Déréglementation des statuts des enseignants.
-  Postes à profil sur lettre de mission signée par le chef d’établissement.
-  Livret de compétence fondé sur l’acquisition du socle commun ( les travaux de la commission devraient être remis en avril au ministère ). déréglementation des programmes et des horaires
-  Soutien impossible de tous les élèves en difficulté (Quels élèves choisir ? Sur quels critères ?)
-  Impossibilité de dégager des heures de concertation, de coordination et surcharge de travail.
-  Suppression des redoublements sans vrais moyens.
-  Orientation précoce : apprentissage à 14 ans, module professionnel en 4ème.
-  Remplacement de la 3ème d’insertion par la 3ème module 6 heures (Classe de 20 élèves en difficulté scolaire) et individualisation du parcours des élèves trop en difficulté (insérés dans des classes de 3ème banale).
-  Fuite des meilleurs élèves hors du lycée de secteur.
-  Tensions au sein des équipe du fait de la position des professeurs référents.
Nous tenons à souligner l’inadéquation de la réforme « ambition réussite » aux besoins de l’établissement.
Nous réclamons pour le collège République de Bobigny :

-  Des effectifs de 18 élèves maximum par classe.
-  Des dédoublements dans toutes les matières.
-  Des heures de concertation dans les emplois du temps.
-  Deux troisièmes d’insertion.
-  Des études du soir ouverte à tous.
-  Un module relais.
-  Le remplacement des professeurs absents par un corps de titulaires remplaçants.
-  Une psychologue scolaire rattachée à notre établissement.
-  Deux C.O.P. à temps plein pour le collège et la SEGPA.
-  Deux infirmiers(es ) à plein temps.
-  Des fonds sociaux à hauteur des besoins.
-  Des conditions matérielles pour assurer un enseignement de qualité.
-  Un encadrement ‘ Vie scolaire ’ favorable à l’enseignement.
-  Des emplois statutaires et non précaires.
-  Un vrai statut de parents délégués(es).
-  La construction du 5ème collège.