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Mise en oeuvre du saccage institutionnel des RASED:Réponse à l’IA du 94
Article publié le 30 janvier 2009

Créteil, le 27 janvier 2009

A Monsieur l’Inspecteur d’académie,

Objet : Mise en oeuvre du saccage institutionnel des RASED

Nous ne pouvons rester sans réaction à votre lettre, en date du 19 janvier 2009, adressée àmesdames et messieurs les Maires du Val-de-Marne, ainsi qu’à mesdames et messieurs les représentants de fédérations de parents d’élèves du département.

Votre propos semble accumuler tellement d’inexactitudes et d’oublis, que nous nous interrogeons sur les motifs réels de votre démarche.
Dans votre fonction actuelle de « directeur des services départementaux de l’Education Nationale », vous nous avez tellement habitués au pire ces derniers temps, que nous ne sommes plus surpris. Les élus du personnel ont encore en mémoire vos déclarations en
CAPD, le 24 octobre 2008 : « Si les Rased avaient servi à quelque chose, on s’en serait rendu compte depuis 15 ans... ». Votre parole, que vous semblez avoir oubliée, disqualifiait sans état d’âme le rôle des RASED. Nos collègues se sont alors légitimement sentis insulté-e-s, tant
dans leurs fonctions que dans leur identité professionnelle.

En préambule de cette lettre, vous affirmez que le cadre de la réforme nécessitait de repenser l’action des membres des RASED. Or, ce prétendu recadrage est le pur produit des ambitions gouvernementales affirmées depuis le début du quinquennat : la suppression massive de
postes de fonctionnaires. Toutes les réformes imposées à l’Ecole Primaire ne reposent que sur ce postulat idéologique.

Nous savons maintenant que les 3000 postes supprimés dans les RASED ont été planifiés depuis au moins l’année dernière. Dans le décompte adressé aux élus, vous avez ainsi fait le choix de ne pas mentionner les 37 postes supprimés à la rentrée 2008. Avec les 62 postes que vous souhaitez rayer de la carte scolaire à la rentrée prochaine, c’est bel et bien la mort des Réseaux que vous avez programmée.

Vous insistez sur le souci qui a été le vôtre d’une « approche individualisée des situations ». Nous vous rappelons que les RASED sont formés à l’élaboration de projets individualisés !

Votre démarche en la matière n’est assurément pas un modèle d’exemplarité : vous évoquez des « entretiens individuels » entre Ien et collègues maintenus sur leurs postes, « afin de les rassurer sur leur avenir ». Nous attendons que vous nous apportiez la preuve de telles
initiatives. En réunion RASED, les collègues ont surtout été confrontés à un refus (ou à une crainte) des Ien de désigner les victimes des mesures de carte scolaire ! Les mêmes Ien demeurent à ce jour dans l’incapacité de fournir l’embryon d’une explication aux tenants et
aux aboutissants de telles mesures.

Vos affirmez avoir eu la volonté d’ « expliquer et de rassurer les personnels » en vous adressant « aux 210 enseignants maintenus sur leur poste ». Mais qu’en est-il des collègues directement visés par vos mesures ? Aucune démarche institutionnelle, aucun courrierpersonnalisé à leur adresse. S’agirait-il dans votre esprit, de diviser le milieu professionnel, en espérant que la colère et la mobilisation retombent ?

Vous parlez d’une mesure « limitée dans son ampleur ». Sans ampleur, une décision arbitraire qui ampute les Réseaux de 40% de leurs moyens en postes E et G ? C’est aussi oublier sciemment les stagiaires en formation CAPA-SH, jetés aux poubelles de la restructuration,
dans un plan social qui n’ose dire son nom.

Monsieur l’Inspecteur d’Académie, que vous exigiez des enseignants de ce département une soumission à des injonctions paradoxales de plus en plus autoritaires et absurdes, c’est une chose. Mais que par-dessus tout, vous présentiez votre action en parfaite contradiction avec la
réalité de ce que les collègues subissent dans leur vie professionnelle, cela passe la mesure du tolérable. Qui plus est lorsque vous vous adressez aux élus et aux associations de parents d’élèves.

Il est de notre devoir d’organisation syndicale de rétablir publiquement certaines vérités.

Soyez assuré que nous n’y manquerons pas !

Recevez, Monsieur l’Inspecteur d’Académie, l’assurance de notre attachement au Service Public de l’Education.

Luc Colpart, Secrétaire Général Académique

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REPONSE IA 94